ETHNOGRAPHIE MALAYĀḶAM ET PHILOSOPHIE EN ASIE DU SUD

Ethnoscience

En étudiant les graines, les fleurs, les arbres du Kerala, ma méthode est l'ethnoscience.

Je pars d'un mot de la langue indigène et je recherche dans mes documents de terrain les icônes — des choses, des objets matériels, des événéments, des actions — correspondant à ce mot, puis par l'analyse je détermine les formes conceptuelles — des idées, des représentations mentales — que ces icônes représentent. Une graine, une fleur, un arbre et tout objet, événement ou action est une icône, qui, dans un contexte social donné, interpelle les membres de cette société et suscite une représentation mentale que les locuteurs natifs peuvent exprimer par des mots de la langue indigène, suivant la séquence empirique: icône ⇾ représentation mentale ⇾ mot. L'ethnographe que je suis prend ce chemin à l'envers, suivant la méthode heuristique: mot ⇾ icône ⇾ forme conceptuelle correspondante dans la culture étudiée. Mettre sous les mots des choses. Cette méthode fut appelée ethnoscience dans les années 1960 pour éviter toute polémique avec d'autres formes d'ethnographie.


Ward H. Goodenough, Cultural anthropology and linguistics, in Paul L. Garvin, Ed., Report of the Seventh Annual Round Table Meeting on Linguistics and Language Study (Monograph Series on Languages and Linguistics, No.9), Washington DC, Georgetown University Press, 1957, pp.167–173. Goodenough, distingue deux sortes de signes: les icônes (iconic signs) et les mots (non-iconic signs).

William C. Sturtevant, Studies in Ethnoscience, American Anthropologist, New Series, Vol. 66, No. 3, Part 2: Transcultural Studies in Cognition (Jun., 1964), p.99.