ETHNOGRAPHIE MALAYĀḶAM ET PHILOSOPHIE EN ASIE DU SUD

Anthropologie sociale en Inde et Asie du sud
Concepts et actualités

Jean-Claude Galey
Francis Zimmermann

2e et 4e jeudis du mois de 11h à 13h
salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris

du 14 novembre 2019 au 11 juin 2020

Nous présenterons les outils conceptuels de l'anthropologie et les travaux descriptifs d'ethnographie et d'ethnohistoire les plus utiles pour approcher l'Inde et l'Asie du Sud contemporaines de façon structurée, à différentes échelles et à partir des catégories indiennes de pensée. Nous suivrons l'actualité de la recherche sur des questions classiques comme : le village et la ville, le partage de la nourriture, le corps et la médecine ayurvédique, castes, hiérarchies et communautarismes, hindouisme, légendes et épopées, politique et syncrétismes religieux. Ou plus récentes comme : la gestion de l'eau et l'environnement, la sécurité alimentaire, les diasporas, les arts vivants dans la vie quotidienne.

Prochains séminaires

Jeudi 13 février 2020

La terre, la dette et les mariages Nayar

Jean-Claude Galey

Dans le prolongement de la séance du 28 novembre, Ethnographie au Travancore, Jean-Claude Galey poursuivra l'analyse des institutions et pratiques sociales au Kerala associant la royauté et les régimes fonciers, la transmission des droits sur la terre et les représentations de la dette. Il étudiera dans cette perspective l'article fondateur de Louis Dumont, Les mariages nayar comme faits indiens, et ses développements aujourd'hui.

Textes à l'appui

Bibliothèque Tessitures:
> Ethnographie au Travancore

Louis Dumont, Les mariages Nayar comme faits indiens, L'Homme. Revue française d'anthropologie, Tome I, Janvier-Avril 1961, Numéro 1, pp.11–36.

Jean-Claude Galey, D'une figure de la dette dans le système des castes. Son expression dans quelques régimes fonciers sud-indiens, in Charles Malamoud, ed., Lien de vie, noeud mortel. Les représentations de la dette en Chine, au Japon et dans le monde indien, Paris, Éd. de l'EHESS, 1988, pp.31–65.

Jeudi 27 février 2020

La terre et l'histoire de ses confiscations

Francis Zimmermann

La terre joue le rôle principal dans l'histoire contemporaine de l'Inde, qui est l'histoire de ses confiscations successives. Akhil Gupta dans un livre désormais classique (Postcolonial Developments, 1998) a montré comment la Révolution verte dans les plaines à blé de l'Uttar Pradesh avait dépossédé la terre arable de sa personnalité. Michael Levien dans un livre récent (Dispossession without Development, 2018) a montré comment les paysans du Rajasthan avaient été incités par la puissance publique à vendre leurs terres aux promoteurs immobiliers en leur faisant miroiter l'espoir que leurs enfants trouveraient un emploi dans les entreprises venues remplacer l'agriculture.

Dans le prolongement de la séance du 28 novembre, Ethnographie au Travancore, je retracerai l'histoire des trois confiscations successives des terres arables du Kuttanad (autour du lac Vembanad au centre du Kerala), des années 1880 à aujourd'hui, et je montrerai combien la concurrence entre les rizières et les cocoteraies du Kuttanad est emblématique de l'écologie politique de l'Inde en général.

Lectures à l’appui

T.C. Varghese, Agrarian Change and Economic Consequences. Land Tenures in Kerala 1850–1960, Bombay, Allied Publishers, 1970.

Akhil Gupta, Postcolonial Developments. Agriculture in the Making of Modern India, Durham, Duke University Press, 1998.

N.C. Narayanan, Against the Grain. The Political Ecology of Land Use in a Kerala Region, Maastricht, Shaker Publishing, 2003.

Mathew Kuriakose, The saga of the commons in Kuttanad: Appropriations, contests, developments, Decision, Vol.41, No.2, June 2014.

Michael Levien, Dispossession Without Development. Land Grabs in Neoliberal India, New York, Oxford University Press, 2018.