ETHNOGRAPHIE MALAYĀḶAM ET PHILOSOPHIE EN ASIE DU SUD

Ethnographie au Travancore
Expérience vécue et méthodes d'enquête

Jeudi 28 novembre 2019

«En face de la cuisine, nous séparant de la maison Mathaï et dominant le chantier de l'abri à machines, se dresse un manguier pluricentenaire qui veille de son ombre et de sa fraîcheur sur les maisons et l'ensemble du compound…» (AMZ). C'est le manguier tutélaire du compound [la Maison, qui est un vaste complexe de bâtiments] de la Church Missionary Society School à Kottayam, abattu sous nos yeux en juillet 1977.

Ce compound, où des missionnaires protestants avaient installé au dix-neuvième siècle le célèbre CMS Press [Les Presses de la Church Missionary Society] fut l'un des hauts lieux de la «grammatisation» du malayalam. Benjamin Baily y publia en 1824 le premier livre imprimé en malayalam, puis une traduction de la Bible en 1842, et le premier dictionnaire malayalam-anglais en 1846. Kottayam, une ville au milieu des canaux ou diverticules des lagons ou backwaters, au nord-est du Kuttanad dont les rizières étaient jadis le grenier à riz du Travancore, était et reste au centre des institutions religieuses et communautaires des chrétiens «syriens» et des églises protestantes au Kerala dont la population comptait alors 20% de chrétiens.

Premières lectures

A lire en priorité: —

Daryll Forde, Habitat, Economy and Society. A Geographical Introduction to Ethnology, London, Methuen, 1934. Chapter XIII: Cochin: An Indian State on the Malabar Coast, pp.260–284. Une exceptionnelle précision; chaque mot compte.

Puis ouvrant différentes perspectives: —

Un voyageur perspicace, merveilleux narrateur

Pierre Loti [1850–1923], L'Inde sans les Anglais, Paris, Calmann Lévy, 1903. Disponible sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Troisième Partie intitulée Chez le Maharajah de Travancore, pp.33–139.

Loti séjourna au Travancore du 20 décembre 1899 au 1er janvier 1900, puis, voyageant de nuit en «barques aux proues de gondoles» à travers «les lagunes» (c'est-à-dire dans les lagons, le réseau des backwaters), il se rendit à Cochin où il séjourna jusqu'au soir du 2 janvier, puis à Trichur, «la vieille ville très brahminicale et très conservatrice» (capitale culturelle et religieuse des hindous), qu'il visita le 3 janvier. Le lendemain en charette il poursuivit vers le nord jusqu'à Shoranur pour prendre le chemin de fer pour Madras.

La transmission du nom et des biens dans une société à Maisons

Louis Dumont, Les mariages Nayar comme faits indiens, L'Homme. Revue française d'anthropologie, Tome I, Janvier-Avril 1961, Numéro 1, pp.11–36.

Francis Zimmermann, Enquête sur la parenté, Paris, Presses Universitaires de France, 1993. Sur les mariages Nayar, pp.149–155.

Jean-Claude Galey, D'une figure de la dette dans le système des castes. Son expression dans quelques régimes fonciers sud-indiens, in Charles Malamoud, ed., Lien de vie, noeud mortel. Les représentations de la dette en Chine, au Japon et dans le monde indien, Paris, Éd. de l'EHESS, 1988, pp.31–65.

L'arbre tutélaire dans les jardins des belles Maisons

Francis Zimmermann, Pluie de mangues, dans Aux abords de la clairière. Études indiennes et comparées en l'honneur de Charles Malamoud, sous la direction de Silvia D'Intino et Caterina Guenzi, Turnhout, Brepols, 2012 (Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes Sciences Religieuses, 154), pp. 177-190.

Tagari Shivashankara Pillai, Under the Mango Tree, Translated and edited by Paul Friedrich and K. N. Parameshwaran Nayar, Introduction by Paul Friedrich, The Texas Quarterly, Summer 1964, pp.54–63. Œuvre de jeunesse après un séjour en Inde de Paul Friedrich [1927–2016], éminent anthropologue de l'Université de Chicago, l'un des maîtres de l'anthropologie linguistique américaine, dont il faut aussi retenir pour les indianistes qu'il fut le professeur et maître à penser de Margaret Trawick.

Thakazhi, Under the Mango Tree, translated by A. J. Thomas, in The Best of Thakazhi Sivasankara Pillai, Edited by K. M. George, New Delhi, Roli Books, 1999, pp.47–56.

L'ethnographe, disciple du maître

Francis Zimmermann, Le Discours des remèdes au pays des épices. Enquête sur la médecine hindoue, Paris, Editions Payot, 1989. A cette version numérique réalisée par traitement de texte dans le cadre bien connu des Classiques des sciences sociales à l'Université du Québec à Chicoutimi, viendra dès que possible s'ajouter une version numérique anastatique.